Compostage: l’art de recycler par la nature

«Du jardin au jardin», ainsi pourrait se résumer le processus de compostage qui permet de recycler les déchets végétaux en une sorte de terreau à l’odeur délicate qui viendra s’incorporer au sol de ton jardin pour en maintenir la fertilité. Faire du compost c’est simple, à condition de respecter quelques règles. Suivez le guide!

Un tas de compost extérieur dans des casiers en bois

Un tas de compost extérieur dans des casiers en bois. (Image: gynane/CanStockPhoto)

Un cycle naturel

En forêt, quand des feuilles ou du bois mort tombent au sol, ils sont aussi compostés… mais plus lentement que dans un compost créé par l’homme. Le compostage, c’est donc une décomposition biologique accélérée de débris végétaux ou animaux, tels que: épluchures de légumes, paille, excréments, etc. Le produit final issu du compostage est incorporé à la terre du jardin ou des champs. D’une part, le compost tient lieu d’amendement – c’est-à-dire qu’il va améliorer la structure du sol, sa capacité à absorber l’eau et à fixer les éléments nutritifs. D’autre part, il constitue un fertilisant – le compost contient de l’azote et diverses substances qui favorisent la productivité végétale; il restitue également les éléments que perd le sol quand on exporte les cultures. En effet, quand on récolte des choux, par exemple, on prélève aussi des minéraux et des oligoéléments qui doivent être rendus au sol par le compost, sous peine d’appauvrir le sol à plus ou moins long terme.

De la «fumée» sans feu

Le fumier que réalisent les paysans en mélangeant de la paille avec les excréments de leurs animaux est aussi une forme de compost. Le terme «fumier» est d’ailleurs évocateur de la première phase du compostage: la dégradation. Au cours de celle-ci, la température du fumier (ou d’un compost en général, si son volume est assez grand) augmente jusqu’à atteindre les 50-70 °C par l’activité des microorganismes qui se nourrissent des composés les plus facilement dégradables: sucres simples, acides aminés, alcools. Une quantité importante de CO2 est alors rejetée par la respiration de ces microbes, ainsi que de l’eau qui s’évapore avec la chaleur et fait «fumer» le fumier.

Dégrader les substances les plus coriaces

Compost mûr

Du compost mûr répandu sur un jardin. (Image: cogdogblog/Wikimedia Commons, domaine public)

Lorsque la «nourriture» la plus accessible a été épuisée, la température se met à décliner progressivement. C’est la deuxième phase du compostage: la maturation. Les polymères plus coriaces (protéines, amidon, cellulose, etc.) sont alors dégradés à l’aide d’enzymes extra-cellulaires. La lignine, composé très résistant typique du bois, n’est attaquée que lorsque la température est à peu près égale à celle ambiante. La dégradation de ces polymères plus ou moins résistants contribue à créer des précurseurs de l’humus.
Après une année déjà (voire même moins!) on peut aboutir à un compost mûr qui a pris une couleur noire typique des substances riches en humus et est prêt à être répandu sur le jardin.

Pour faire un bon compost...

Dans le compost que tout un chacun peut réaliser dans son jardin, la température ne monte généralement pas aussi haut que dans l’exemple précédent, ce qui explique qu’il est plutôt rare de voir son compost se mettre à fumer. Le résultat n’en est pas moins satisfaisant pour autant. Peu importe la manière de réaliser un compost, il y a une règle qu’on ne peut ignorer: le compost doit contenir de l’oxygène. Il faudra donc veiller à retourner le compost régulièrement pour l’aérer, à défaut de quoi tu risques de retrouver la tonte de ta pelouse à peu près intacte, même après plusieurs années. En effet, les champignons et les bactéries qui décomposent la cellulose et la lignine sont des organismes qui pour la plupart ont besoin d’oxygène. Il est aussi important d’incorporer suffisamment de matériaux riches en carbone (paille, feuilles mortes, branchages…) afin de favoriser une structure aérée et un produit final de qualité.

Les ennemis du compost

De plus, certains types de déchets sont à éviter dans ton compost. Les aliments cuits, les restes de viande ou les végétaux contenant des molécules de défense nuisibles à la vie du compost (agrumes, aiguilles de résineux, bois exotique, etc.) ne devraient être ajoutés qu’avec parcimonie. Les couches culottes, mégots de cigarettes ou autres plastiques sont à bannir rigoureusement!

Faire du compost, ce n’est pas seulement réduire le volume de sa poubelle, c’est surtout rendre à la nature ce qui lui appartient. Alors à toi de jouer!

Le vermicompost: un peu de jardin sur ton balcon

 


Une population d’Eisenia foetida à l’œuvre… (Image: Mik122/CanStockPhoto)

Aux côtés des microorganismes, toute une faune mène une vie agréable dans les composts. Les petits vers du fumier (Eisenia foetida), collemboles, acariens et autres arthropodes y trouvent une source de nourriture abondante et diversifiée. Leurs propres activités de nutrition transforment les substances organiques initiales et facilitent le travail de dégradation aux microorganismes évoqués plus haut.

Ces petits animaux s’installent naturellement dans un compost situé en extérieur, par voies aérienne ou souterraine. Les petits composteurs que tout un chacun peut installer sur son balcon sont toutefois dépourvus de cette faune. Ce constat a conduit à intégrer artificiellement des vers du fumier dans ses déchets verts afin de réaliser le processus complet de compostage, tout ça chez soi. Ainsi après quelques mois, tu peux ajouter ce compost mûr et le liquide qui en résulte à la terre de tes plantes d’intérieur.

 

Texte: Rédaction SimplyScience.ch

Sources: Gobat, J.-M., Aragno, M., Matthey, W., 2010. Le sol vivant. Presses Polytechniques et Universitaires Romandes, Lausanne; Bourguignon, C., 1996. Le sol, la terre et les champs. Sang de la terre, Paris; Article sur le compostage de Wikipedia; Que peut-on mettre dans un composteur?

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