Portraits

Ambroise Marchand, ingénieur forestier, révèle la forêt

Ambroise Marchand dans les Franches-Montagnes

Image: © Ingo Seehafer

Ambroise Marchand est devenu ingénieur forestier en suivant des études à l’EPFZ, bien que les cours soient donnés majoritairement en allemand. Lors de son service civil, il découvre l’éducation du public à l’environnement. Petit à petit, cela deviendra son activité professionnelle principale, complétée par de la photographie naturaliste.

Hôtelier ou garde forestier?

Ambroise Marchand dans les Franches-Montagnes

Image: © Ingo Seehafer

L’envie d’être ingénieur forestier m’est venue assez tôt, à l’âge de 12-13 ans. Auparavant, j'hésitais entre un métier dans l’hôtellerie ou de garde forestier. J’ai discuté avec une connaissance, qui était dans l’hôtellerie et me suis rendu compte que ce n’était pas un métier pour moi. Par contre j'ai toujours aimé l'odeur du bois et des scieries car mon père était menuisier. Mes parents m'ont poussé à faire des stages et j'ai travaillé en hiver avec une équipe de bucherons et un garde forestier. Je voulais postuler à un apprentissage pour avoir une autre option au cas où mes notes ne me permettaient pas d’entrer au gymnase. Le garde forestier m'a dit: «Tu travailles bien, tu serais un bon apprenti mais je ne te prends pas. Fais un effort et vas au gymnase, tu es fait pour devenir ingénieur!» Ça a été une claque et j'ai tout fait pour obtenir les moyennes pour entrer au gymnase. Après trois ans d’études, j’ai passé la maturité option scientifique biologie et chimie et je me suis inscrit à l’ETH de Zurich pour devenir ingénieur forestier.

Non, ingénieur forestier!

Comme je n'étais pas spécialement bon en langues, mes notes d’allemand au gymnase étaient juste au-dessus de la moyenne, le début des études à l'Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich a été difficile. Malgré cela, j'ai quand-même entrepris ces études et comme j'étais motivé, j’ai travaillé dur et j’ai réussi la première année du premier coup. A côté des branches de bases, mathématiques, physique, biologie… nous avons eu assez vite des disciplines plus appliquées. Pendant les études, il était d'usage de faire un stage d'une année. Stage, en principe optionnel, mais obligatoire si l'on voulait travailler dans une administration cantonale ou fédérale plus tard. Ce stage permet d’obtenir le certificat d’éligibilité pour ces postes.

Parcourir les forêts de Suisse et d’ailleurs…

Après 9 mois de stage en Suisse dans les administrations cantonales de Zürich et de Berne, je suis allé 5 mois à Madagascar pour travailler dans une ONG afin de terminer mon année de stage obligatoire. Cela a été une expérience très enrichissante, tant du point de vue de ma formation à proprement dit que du point de vue humain. J’ai découvert une autre forêt, une autre culture, un autre mode de vie et j’ai vraiment été séduit par cette île. Madagascar est aussi un des pays les plus pauvres du monde, une expérience professionnelle là-bas change donc la façon de voir le monde et cela permet de relativiser sur notre vie en Europe.

…mène à l’éducation à l’environnement et à la photographie

Suite à l’expérience de Madagascar, je suis revenu en Suisse faire mon service civil et j’ai pu compléter ma formation d’abord au sein du jardin botanique de Zürich puis dans un centre de protection de la nature au Greifensee. Là, j’ai fait de l’éducation à l’environnement, ça a été mon premier contact avec ce domaine et cela m’a tout de suite plu. Par la suite, j’ai enchaîné avec différents contrats dans l’éducation à l’environnement, et me suis mis petit à petit à mon compte comme indépendant.

Actuellement, je travaille pour le zoo de Zürich comme guide, où je fais visiter la serre Masoala qui reproduit l’environnement de la forêt pluviale de Madagascar. Je travaille aussi comme ranger au Parc animalier de Goldau, où j’informe les visiteurs, conduit des visites guidées pour les écoliers et les adultes et d’autres activités d'éducation à l’environnement. Je travaille aussi régulièrement pour la fondation Atelier forêt de montagne (Bildungswerkstatt Bergwald) qui organise des camps d’été dans les forêts de montagne pour les 14-20 ans. Enfin, j’exerce également une activité de photographe naturaliste. Je suis devenu photographe professionnel à la suite de différents contrats et de longues années de pratique en tant qu’amateur. Cette année sort mon premier livre, un guide naturaliste sur les Franches-Montagnes. A côté de cela, j’organise des stages- photos et des excursions photographiques en Suisse et en Allemagne.

Alors, ingénieur forestier, c’était le bon choix?

Depuis les stages je ne travaille donc plus tout à fait dans mon métier de base, j’ai changé de voie et cela me convient très bien. Il faut noter qu’il y a peu de postes comme ingénieur forestier. Je suis indépendant depuis plus de trois ans, et je consacre 2/3 de mon temps à l’éducation à l’environnement et 1/3 à la photographie naturaliste. Mon travail est passionnant! D’une part mon hobby est devenu petit à petit mon activité professionnelle, et d’autre part elle est très variée. Dans mon travail, je suis proche des gens et de la nature et c’est ce que je recherche et ce que j’aime.

J’ai eu la chance d’avoir un but depuis tout petit et de le suivre, cela m’a aidé pour trouver ma voie, réussir mes études et débuter dans la vie active. J'aurais pu y arriver, peut-être, par une autre voie, en faisant des études de photographie ou en devenant tout d’abord enseignant. J’aurais alors dû acquérir les connaissances de base en environnement sur le terrain par la suite. Cela me paraît possible mais plus compliqué. Je suis content d'avoir suivi cette voie-ci, j’utilise toujours les connaissances de base apprises en ingénierie ou environnement. En plus des connaissances de base, ma formation d’ingénieur forestier m’a entraîné à travailler de manière plus structurée et peut être plus réfléchie.

 

Ingénieur forestier – Ingénieure forestière (EPF ou HES)

L'ingénieur forestier ou l'ingénieure forestière planifie et supervise les travaux liés à l'aménagement et à l'entretien des forêts, à la récolte et à l’utilisation rationnelle du bois. Son rôle est de garantir la préservation à long terme des fonctions de protection, d’exploitation et de régénération de la forêt. Il/elle travaille le plus souvent dans un bureau et est amené-e à collaborer avec des forestiers-bûcherons, des propriétaires de forêts, des administrations, des aménagistes du territoire, des biologistes, etc. Diriger une équipe, effectuer des reconnaissances sur le terrain, recueillir des données et les analyser, négocier avec les clients ou les autorités publiques, signer des contrats et obtenir des subsides font aussi partie de ses tâches.

Perspectives professionnelles

Il/elle travaille pour les administrations communales, cantonales ou fédérale, les entreprises forestières privées, les associations forestières et les bureaux d’ingénieurs indépendants. Il/elle peut aussi travailler pour des associations ou des institutions dans le domaine de l’éducation à l’environnement ou enseigner dans des écoles professionnelles ou des HES.

Bachelor en sciences de l'environnement à l'EPFZ

  • 1ère à 2ème année: cours de base en chimie, physique, biologie, informatique, mathématiques et sciences de la terre. Introduction au droit de l’environnement et à l’économie. Cours, excursions et exercices pratiques sur les différentes composantes de l’environnement (air, eau, sol) et son utilisation par l’homme (par ex. systèmes agricoles et forestiers).
  • 3ème année: début de la spécialisation en gestion de la forêt et du paysage. Sont abordés les structures et fonctions biophysiques de l’environnement naturel, les technologies et l’utilisation du sol, les mécanismes économiques et le cadre socio-culturel. Compléments en sciences sociales et humaines.
  • Enseignement en allemand et en anglais.
  • Informations générales sur le bachelor.

Spécialisation en gestion de la forêt et du paysage au niveau master (EPFZ)

  • Master en «sciences naturelles de l’environnement», avec approfondissement en gestion de la forêt et du paysage.
  • 4ème année: bases de sciences naturelles, gestion des écosystèmes, prise de décision, politique et planification, méthodes et outils, cours modulaires à choix, travail de projet interdisciplinaire.
  • 5ème année: stage pratique de 6 mois et travail de master de 6 mois.
  • Informations détaillées sur le master.

Conditions d'admission en première année

  • Admission sans examen: certificat cantonal ou fédéral de maturité gymnasiale ou diplôme d’une HES.
  • Réussite d’une année préparatoire requise: titulaires d’une maturité professionnelle.

Formations apparentées

  • Une formation d’ingénieur-e HES en foresterie (bachelor), plus orientée vers la pratique que la formation à l’EPFZ, est proposée à la Haute école des sciences agronomiques, forestières et agronomiques HAFL à Zollikofen (Berne). Enseignement bilingue français-allemand.
  • Cette haute école propose également un master avec plusieurs spécialisations en foresterie, en collaboration avec d’autres hautes écoles en Suisse ou en Allemagne.

 

Créé: 29.06.2015

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