Cellules et particules

Comment fonctionne l’épigénétique?

Une partie de la double hélice d’ADN. La méthylation de deux cytosines est représentée par des boules jaunes. (Illustration: Christoph Bock (Max Planck Institute for informatics)/Wikimedia commons, licence CC

Nos gènes se trouvent enroulés dans nos cellules en une structure nommée «complexe-protéine-ADN» ou «chromatine». En l’absence de cette condensation de l’ADN, qu’on peut se représenter comme une pelote de laine, il serait impossible de réussir à mettre les deux mètres de filaments d’ADN dans un noyau cellulaire. Nous sommes porteurs des mêmes gènes dans toutes nos cellules. Cependant l’activité de ces gènes est différente s’il s’agit d’une cellule du nez ou d’une cellule du cerveau. Notre corps régule l’activité de nos gènes en les allumant ou en les éteignant, comme on allumerait ou éteindrait une lampe. On pourrait comparer la totalité de notre ADN à un livre dans lequel seules les cellules du nez seraient capables de lire le chapitre sur le nez et seules les cellules du cerveau seraient capables de lire le chapitre sur le cerveau.

Il existe différentes manières de rendre certains chapitres du livre de l’ADN illisibles. Une possibilité consiste en la liaison de petites marques chimiques, appelées groupes méthyles, à l’ADN. Comme tu l’as déjà vu au chapitre «les chromosomes sont des filaments d’ADN embobinés», notre génome se compose des lettres A, C, G et T. Les groupes méthyles peuvent se lier à la lettre C (cytosine). Cette liaison agit comme une colle. Les gènes collés restent empaquetés fermement et ne peuvent plus ou difficilement être lus par la machinerie ARN. Ces gènes restent ainsi inactifs. Il existe certaines protéines qui permettent de dissoudre cette colle et d’ainsi activer à nouveau les gènes précédemment rendus inactifs. Le chapitre dans le livre de l’ADN devient donc à nouveau lisible.

L’effet de l’épigénétique peut être facilement observé chez les femelles chats de type «écaille de tortue» (tricolores). Le gène responsable de la couleur de la fourrure – orange ou noire – se trouve sur le chromosome X. Les embryons femelles éteignent, tôt durant le développement embryonnaire, un des deux chromosomes X, afin que la dose génétique soit la même pour les deux sexes. C’est le hasard qui décide lequel des deux chromosomes X sera éteint dans chaque cellule. En conséquence, le gène soit pour la couleur orange, soit pour la couleur noire, sera actif dans les cellules de la peau des femelles chats. C’est ainsi que les chattes «écaille de tortue» obtiennent leur motif orange-noir personnel.

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Créé: 27.10.2011

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