De fleur en fleur

Tu as le rhume des foins ? Alors tu sais sans doute qu’il est déclenché par le pollen de certaines plantes. Le pollen est échangé entre les fleurs pour que des graines puissent se former et que la plante se reproduise. Les plantes utilisent des méthodes très diverses et astucieuses pour disperser le pollen. Certaines utilisent le vent, mais beaucoup font transporter leur pollen par des animaux, principalement des insectes.

Colibri sur une fleur rouge

Grâce à son long bec, le colibri peut atteindre le nectar au plus profond de la fleur – et emporte le pollen de la plante en poursuivant son vol. Image : CanStockPhoto

Les plantes se multiplient à l’aide de graines. Les graines se forment lorsque le « stigmate », la partie femelle, d’une fleur est pollinisé et fécondé par des grains de pollen. Mais la façon dont les grains de pollen atteignent d’autres fleurs est très différente selon les divers groupes de plantes.

Beaucoup de pollen, un peu de vent et une bonne dose de hasard

Fleurs mâles et femelles d’un noisetier

Les longs chatons pendants du noisetier libèrent de grandes quantités de pollen quand le vent souffle. Le pollen est capturé par les stigmates rouges et collants des fleurs femelles. Image : 3268zauber/Wikimedia Commons, CC-Lizenz

Connais-tu les inflorescences jaune-vert pendantes du noisetier, appelées chatons ? Ce sont les fleurs mâles, dont le pollen est libéré au moindre souffle de vent. Les fleurs femelles discrètes ont des stigmates rouges et collants qui attrapent le pollen dispersé par le vent. Comme le noisetier, de nombreux autres groupes de plantes sont pollinisées par le vent. Les conifères ou les graminées (dont font partie les céréales et le maïs), mais aussi des arbres feuillus, tels que le saule, l’aulne et le bouleau, utilisent cette stratégie. Mais elle a aussi des inconvénients, car l’endroit où atterrissent les grains de pollen n’est qu’un pur hasard. Pour que suffisamment de pollen atteigne des fleurs femelles de la même espèce, les plantes pollinisées par le vent doivent produire d’énormes quantités de pollen. Le chaton de 8 cm de long d’un noisetier contient jusqu’à 2 millions de grains de pollen !

À cause de la grande quantité de pollen qui tourbillonne dans l’air au moment de la floraison des noisetiers, des bouleaux et des graminées, beaucoup de gens réagissent à ces types de pollen par un rhume des foins ou d’autres allergies. En revanche, les abeilles domestiques bénéficient de la richesse en pollen des noisetiers : à une saison où presque aucune plante ne fleurit, le pollen de noisetier est une importante source de nourriture pour elles.

Atterrissage précis grâce aux insectes

Au cours de l’évolution, une seconde stratégie de pollinisation s’est développée : la plupart des plantes actuelles dépendent d’animaux pollinisateurs. Le premier exemple qui vient à l’esprit est naturellement celui des abeilles, qui volent assidûment de fleur en fleur, recueillant du nectar et du pollen et transportant en même temps le pollen vers la plante suivante. Sans elles, de nombreuses plantes, par exemple les arbres fruitiers, ne pourraient pas produire de fruits et de graines – et il n’y aurait pas de miel !

Toutefois, pour les plantes, les nombreuses variétés d’abeilles sauvages sont encore plus importantes que les abeilles domestiques élevées par l'homme. Les abeilles sauvages sont parfaitement adaptées aux différents habitats et climats. De même que toutes les plantes ne fleurissent pas le même mois, les abeilles sauvages ne sont pas toutes à la recherche de nourriture au même moment.

Regarde notre galerie de photos des différentes abeilles sauvages !

Au fil du temps, certaines plantes et pollinisateurs se sont adaptées les unes aux autres : les plantes marquent leurs fleurs avec des signaux qui attirent les pollinisateurs, et ces derniers atteignent directement le nectar convoité grâce à des appareils buccaux spécialisés. La découverte de plantes et d’insectes fossiles indique que cette adaptation mutuelle des insectes et des plantes à fleurs a commencé dès l’époque des dinosaures.

Colibris, chauves-souris et musaraignes

Gros plan d’une musaraigne à trompe sur une roche brun rouge

Quelques espèces de Elephantulus, petit mammifère d’Afrique du Sud, se nourrissent de nectar et servent de pollinisateurs pour les plantes. Image : Andrew Keys/Wikimedia Commons, CC-Lizenz

Mais les abeilles ne sont pas les seuls animaux pollinisateurs ! En Europe, ce sont surtout les insectes qui servent de « transporteurs de pollen» pour les plantes. Outre les différentes abeilles, ce sont par exemple des papillons et des bourdons. Avec leur longue trompe, ils sont particulièrement bien équipés pour atteindre le nectar des fleurs profondes. Mais les papillons de nuit, les coléoptères et certaines guêpes sont aussi des pollinisateurs actifs. Dans les régions tropicales et subtropicales, la diversité des pollinisateurs est encore plus grande: les fleurs très odorantes qui s’ouvrent la nuit attirent les chauves-souris, les colibris et les fleurs de la passion sont parfaitement adaptés les uns aux autres, et en Afrique du Sud, la pollinisation de certaines fleurs est effectuée par de petits mammifères Elephantulus ou musaraigne à trompe.

Le savais-tu ?

  • En Suisse, chaque colonie d’abeilles a produit en moyenne 30 kg de miel en 2020. Une abeille seule devrait travailler à peu près 500 ans pour un pot de miel !
  • Les plantes de balcon sont-elles une bonne source de nourriture pour les abeilles ? Pas toutes ! Certaines fleurs populaires – comme le géranium – ont été sélectionnées pour faire de grosses fleurs et fleurir longtemps, mais ne produisent plus de pollen ni de nectar. Les abeilles n’y trouvent donc rien à manger. La lavande en revanche offre une «nourriture pour abeilles» idéale.
  • En Chine, il reste parfois encore si peu d’insectes pollinisateurs que les gens pollinisent les arbres fruitiers à la main. Mais ils le font beaucoup moins bien : il faudrait environ 1 500 travailleurs pour remplacer une seule colonie d’abeilles !
  • L’odeur de charogne, c’est à dire l’odeur d’animaux morts… beurk ! Mais certaines espèces de coléoptères en raffolent ! Certaines plantes produisent donc une odeur très forte au lieu d’un doux parfum de fleur. Elles attirent ainsi les coléoptères qui assurent la pollinisation. L'exemple le plus spectaculaire est l’arum de titan, originaire de Sumatra.
  • Les abeilles trouvent les fleurs bleu-violet particulièrement attrayantes. Certaines fleurs ont même des dessins en couleurs ultraviolettes, que nous, êtres humains, ne pouvons pas voir. Mais les abeilles, elles, le peuvent !
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