Iode (I)

L’iode est un élément associé à l’eau de mer. C’est dans les algues rejetées par la mer sur le rivage que Courtois a découvert l’iode en 1811. Il n’existe pas de mines ou de minerai d’iode. Il faut l’extraire de la mer ou de déchets marins, comme le guano et le salpêtre du Chili. Il constitue 0.04% des algues sèches, et 1,5% des cendres d’algues. Il est également présent, en quantités moindres, dans le sol et dans différents légumes et céréales. 

L'eau de mer est riche en iode

Les algues et l'eau de mer sont riches en iode. On extrait l'iode à partir d'algues ou de guano. (Image: Gucio55/CanStockPhotos)

Teinture d'iode

La teinture d'iode est un désinfectant couramment utilisé. (Image: utap1/CanStockPhoto)

Du brun au violet

Son nom vient du fait que l’iode élémentaire forme des cristaux noirs de formule I2, qui, à chaud, forment une vapeur violette: En grec, io-eidis signifie violet. Il faut cependant remarquer que dans l’eau et dans l’alcool il forme une solution brune, et l’origine de cette coloration n’est pas bien connue. La solution d’iode dans l’eau est conductrice, donc contient des ions I+ et I3-. L’iode I2 se dissout très bien dans une solution de iodure de potassium KI en formant une solution brune contenant du triiodure de potassium KI3. La teinture d’iode, qui sert de désinfectant pour les blessures superficielles, contient 70 g d’I2 et 50 g de KI pour 50 ml d’eau.

De nombreux sels

En chimie, l’iode I fait partie des halogènes, ce qui signifie littéralement « qui génère des sels ». Il existe 4 atomes stables de la série des halogènes : F, Cl, Br et I. Tous ces atomes ont les mêmes propriétés chimiques et sont interchangeables en chimie. Par exemple, ils forment des sels avec Na, comme NaCl, NaF, NaBr, NaI, qui sont tous blancs, cubiques et solubles dans l’eau. Avec l’atome d’hydrogène H, ils forment des molécules comme HF, HCl, HBr, HI, qui sont tous des gaz très solubles dans l’eau, et leurs solutions sont des acides.

Grêle

Certains agriculteurs pulvérisent de l'iodure d'argent vers les nuages porteurs de grêle pour essayer de limiter les dégâts causés par ceux-ci. Toutefois, il n'est pas établi que cette méthode soit réellement efficace, et l'iodure d'argent est polluant. (Image: Raysonho/Wikimedia Commons)

Combattre la grêle

Comme l’iodure d’argent AgI forme des cristaux de même forme que ceux de glace, certains agriculteurs en pulvérisent en direction des nuages à grêle pour prévenir la formation de grêlons trop gros, dont la chute endommagerait les cultures. Toutefois, l’efficacité de cette technique est mise en doute par certains scientifiques, d’autant plus que l’iodure d’argent est un polluant toxique.

Un élément vital

L’iode est un élément essentiel au bon fonctionnement de la glande thyroïde et au développement d’un individu. Le manque criant d’iode cause une hypertrophie de cette glande située dans le cou, ce qui cause le goitre. Un individu qui absorbe trop peu d’iode dans les premières années de sa vie peut être victime de troubles mentaux, de léthargie, de sous-développement physique, de défaut de coordination entre l’œil et la main, que l’on rassemblait autrefois sous le terme de « crétinisme ». L’expression « crétin des Alpes » vient en partie du fait qu’autrefois, les populations alpines consommaient du sel provenant de mines, pauvre en iode ; ils présentaient souvent des carences en cet élément.

Le sel de mer est naturellement riche en iode, mais, à cause de la grande volatilité de cet élément, il perd rapidement l’iode qu’il contient. Dans les pays développés, on ajoute donc 20 à 30 ppm d’iode (iodure ou iodate de potassium) au sel de cuisine, ce qui assure un développement normal de la glande thyroïde. Mais ce n’est pas le cas dans certains pays d’Asie du Sud-Est comme la Thaïlande, le Pakistan et le Tibet. Au Pakistan, une grande partie de la population croit, sans réel fondement, que l’iode a un effet contraceptif.

 

 

Pour découvrir les propriétés et les utilisations d'autres éléments chimiques, regarde notre dossier «Eléments chimiques au quotidien».

 

Texte: Maurice Cosandey et Rédaction SimplyScience.ch

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